1. Le gaspillage alimentaire des grandes surfaces

Combien de nourriture les grandes surfaces françaises jettent-elles chaque année ? Personne ne le sait précisément. C'est le premier résultat de cette étude.

Ce qu'on sait : depuis 2020, une mesure harmonisée européenne existe. En 2023, le commerce alimentaire français (gros + détail) a généré 820 000 tonnes de déchets alimentaires, environ 2 200 tonnes par jour.

En repas : sur la base d'un repas de 500 g, cela représente de l'ordre de 4,5 millions de repas par jour.

Tout n'était pas consommable, mais une partie de ces déchets était encore de la nourriture.

Évolution 2016-2023

Gaspillage alimentaire des grandes surfaces françaises, 2016-2023

Sources : Eurostat (env_wasfw) / SDES 2020-2023 · ADEME 2016 · Ministère de l'Agriculture (données 2022, publ. 2024)

Le vrai coût : tout ce qu'il a fallu pour rien

Et derrière chaque tonne jetée, c'est toute la chaîne en amont qui a été mobilisée pour rien : des terres cultivées, de l'eau, des engrais, du carburant, du travail, des animaux élevés, des émissions de gaz à effet de serre.

C'est ça, le coût écologique du gaspillage : on ne jette pas un produit, on jette tout ce qu'il a fallu pour le faire exister.

Dans la nature, rien ne se perd

Dans la nature, rien ne se perd. Ce qu'un être rejette en nourrit un autre ; les oiseaux, eux, ne produisent aucun déchet.

Nous nous croyons l'espèce la plus intelligente. Mais une espèce vraiment intelligente jetterait-elle 820 000 tonnes de nourriture par an, sans même savoir les compter ?

2. Betterave sucrière : la fausse urgence

On nous parle d'urgence pour sauver la filière betterave. En regardant les chiffres, ça ne colle pas : ils se sont trompés d'urgence. C'est celle des écosystèmes et de la biodiversité qu'il faut sauver.

Production de sucre de betterave en Europe (UE27), 2015/16-2024/25 : +19%

Source : CEFS, « CEFS Statistics 2024/2025 », mars 2026

Sur les dix dernières campagnes, l'UE27 a produit en moyenne 15,75 millions de tonnes de sucre de betterave par an. La production 2024/25 est même 19 % plus haute qu'en 2015/16. Une filière qui s'effondre, ça ne ressemble pas à ça.

Et c'est cette « compétitivité » -là qu'on a invoquée, dans le débat sur la loi Duplomb, pour justifier la réintroduction de l'acétamipride sur la betterave, en traitement foliaire contre les pucerons qui transmettent la jaunisse — un insecticide néonicotinoïde que la France avait interdit.

Où va ce sucre ?

Seulement 10 % de ce sucre finit dans nos assiettes. Le reste :

Usage Part
Alimentation directe (nos assiettes) 10 %
Industrie agroalimentaire transformée (boissons, sodas, produits laitiers, confiserie) 60 %
Alcool / bioéthanol 20 %
Chimie / pharmacie 10 %

Source : Cultures Sucre

Diminuer sa consommation de sucre, c'est bon pour la santé — et en plus, les abeilles vous remercieront.
On ne sacrifie pas les abeilles pour faire tourner une industrie qui va déjà bien. Il faut arrêter cette course à la « compétitivité » : elle est dévastatrice pour la biodiversité.

Sources

Gaspillage alimentaire des grandes surfaces

  • Eurostat (env_wasfw) - Statistiques déchets alimentaires par activité économique
  • SDES - Données 2020-2023, commerce alimentaire français
  • ADEME - Données 2016, gaspillage alimentaire en France
  • Ministère de l'Agriculture - Données 2022, publication 2024

Betterave sucrière et pesticides

  • CEFS - Comité Européen des Fabricants de Sucre, "CEFS Statistics 2024/2025" (2026)
  • Cultures Sucre - Répartition des usages du sucre de betterave
  • Générations Futures / PAN Europe - Toxicité et risques de l'acétamipride
  • EFSA - Évaluations réglementaires citées par Générations Futures (risques abeilles, eaux souterraines)